|
|
« La science n'existe plus en dehors d'une société à laquelle elle dispenserait sagesse et connaissance ; elle n'existe pas non plus comme enclave autonome, courant le risque d'être écrasée par le jeu d'intérêts économiques et politiques. Les relations science-société sont dynamiques, il s'agit d'interactions par lesquelles l'une et l'autre se façonnent ou sont façonnées. »
Communication : chercheurs DANS la société >>Changement de paradigme
Mode 1 et Mode 2 selon GIBBONS
Du modèle de « déficit » au modèle « contextualiste », « délibératif » ou « démocratique »
Ce qu’ils ont dit :
Lire :
Mode 1 et Mode 2 selon GIBBONS
Dans l’ouvrage « The New Production of Knowledge » (1994), Michael GIBBONS analyse une nouvelle forme de production des connaissances qui émerge en même temps que se maintient la forme traditionnelle. Il la nomme « Mode 2 » par opposition au « Mode 1 » académique. Les changements affectent :
- Les connaissances produites
- Les manières de les produire
- Le contexte dans lequel elles sont produites
- Les modes d'organisation des connaissances
- Les systèmes d'évaluation et de reconnaissance
- Les mécanismes contrôlant la qualité des connaissances produites
|
Caractéristiques
|
Mode 1
|
Mode 2
|
|
Définition et solution des problèmes
|
Dans le contexte des intérêts essentiellement académiques d'une communautéscientifique
|
Dans un contexted'application, sur la base d'une consultation d'intérêtsdifférents
|
|
Champ de recherche
|
Disciplinaire,
homogène
|
Transdisciplinaire,
Hétérogène
|
|
Mode d'organisation
|
Hiérarchique,
spécialisé
|
Collaborationtemporaire, sur un problème, dans plusieurs sites et institutions à la fois
|
|
Diffusion des résultats
|
Canaux institutionnels
|
Au sein du réseau , en cours de production. Puis au niveau de la société, par reconfiguration autour de nouveaux problèmes
|
|
Financement
|
Essentiellement institutionnel
|
Assemblé sur un projet, à partir d'une variété de sources publiques et privées
|
|
Evaluation de l'impact sociétal
|
Expost, au moment de l'interprétation ou de la diffusion des résultats
|
Exante, lors de la définition des problèmes et l'établissement des priorités de recherche
|
|
Contrôle de la qualité des résultats
|
Essentiellement par "peer review", le contrôle concerne la contribution scientifique d'individus
|
La qualité n'est plus uniquement scientifique. Le contrôle inclut un ensemble d'intérêts intellectuels, sociaux, économiques et politiques |
L’évolution vers le Mode 2 de production des connaissances a de multiples conséquences – notamment sur le statut épistémologique de la connaissance produite : dans le Mode 2 ce statut change, du fait de l'élargissement de la procédure de validation lié à la contextualisation sociétale renforcée.
La notion de paradigme telle que définie dans le Mode 1 est remise en cause. – le paradigme pouvant être entendu comme un ensemble de vérités admises par une communauté, produit du consensus de spécialistes et déterminant les problèmes devant être traités, à l'intérieur de structures et avec une organisation disciplinaires - c.a.d un monde autonome et confortable dans lequel se sont développées des stratégies de survie.
La science n'existe plus en dehors d'une société à laquelle elle dispenserait sagesse et connaissance ; elle n'existe pas non plus comme enclave autonome, courant le risque d'être écrasée par le jeu d'intérêts économiques et politiques. Les relations science-société sont dynamiques, il s'agit d'interactions par lesquelles l'une et l'autre se façonnent ou sont façonnées.
Les implications pour le chercheur :
- Prendre en compte le contexte d'application force le chercheur à une plus grande conscience de l'impact de ce qu'il fait. Il ne s'agit plus seulement d'apporter des réponses scientifiques ou techniques à des problèmes. Il s'agit de prendre en compte les valeurs et les désirs des utilisateurs - qui traditionnellement sont maintenus en dehors du processus scientifique ou technologique. On assiste à un implication croissante de tous les acteurs, d'où une réflexion accrue sur les aspirations et les projets des hommes : ainsi les sciences humaines et sociales jouent –elles un rôle grandissant.
- Les disciplines cessent d'être les lieux par excellence où se formulent les questions intéressantes et cessent d'être le cadre à l'intérieur duquel validation et évaluation prennent place. La transdisciplinarité pour les auteurs est surtout située au niveau de la résolution des problèmes : elle se traduit par une capacité à formuler des questions relatives à des contextes d'application locaux et spécifiques. Elle est caractérisée par sa dynamique, ce que les auteurs appellent "problem solving capacity on the move" (dynamique de résolutions de problèmes). Les problèmes et les découvertes s'enchaînent dans une progression constante, avec d'incessantes reconfigurations.
Du modèle de « déficit » au modèle « contextualiste », « délibératif » ou « démocratique »
Des constats :
- Le public – les publics devrait-on dire- ne sont pas contre la science. Mais son intérêt et son soutien sont en déclin.
- Les scientifiques se sont retires du débat de façon alarmante.
- On observe un scepticisme croissant du public vis à vis des bienfaits des innovations scientifiques et technologiques: le public se montre sceptique également vis à vis des décisions prises en son nom sur le choix des développements scientifiques – décisions selon lui largement influencées par les intérêts politiques et économiques.
- Cette méfiance et ce scepticisme ne sont pas injustifiés.
- Le public ne croit plus que progrès scientifique rime avec progrès social.
Tous les acteurs du processus de communication doivent s’attacher au concept de dialogue
|
Modèle de déficit
|
Modèle “contextualiste”, “délibératif” ou “démocratique”
|
|
Une communication contre-productive, en sens unique entre les chercheurs et la société
|
Plus les gens sont informés, moins ils acceptent la science, la technologie et les conseils des organismes de recherche
Par ex. en Finlande, aux Pays Bas, au Royaume Uni – les citoyens sont mieux au fait des connaissances scientifiques et moins prêts à accepter qu’au Portugal ou en Grèce
|
|
“Eduquer les citoyens”
PUS / Public Understanding of Science
Le public est considéré comme “déficient” et la science comme “suffisante
Les problèmes sont dus à l’ignorance du public vis à vis de la science ; le remède consiste à l’éduquer
L’accent est mis sur les activités d’information, d’éducation
On va sensibiliser le public à la science, rendre la science populaire
La connaissance est une connaissance livresque
|
Il s’agit d’ouvrir un processus d’apprentissage collectif
Ouverture au dialogue, volonté de sortir de la tour d’ivoire ou des corridors du pouvoir
Les mots clés sont : participation, équité, échange de connaissances, dialogue
“ Direct dialogue with the public should move from being an optional add-on to science-based policy-making and to the activities of research organizations and learned institutions, and should become a normal and integral part of the process” ( Britain’s House of Lords report, Feb.2000
|
|
Traduire “notre” message dans un processus linéaire “top down
“handing down crumbs of simplified information from the scientists’ elite table”
Les messages sont contrôlés et délivrés par les institutions
|
Créer les conditions d’un dialogue, faciliter des processus participatifs
Travailler sur un pied d’égalité avec tous les partenaires qui sont des acteurs dans le processus de communication de la science dès la conception du projet.
« approche participative » « processus d’appropriation »
Permettre aux citoyens de comprendre les implications de la recherche scientifique et technologique, et de participer aux décisions |
|
Le science n’est pas interprétée dans son contexte social / sociétal
|
Le contexte joue un rôle majeur dans les choix scientifiques
Préoccupations sociales et éthiques |
|
La science délirer des vérités universelles
Le public n’a rien à dire
Un modèle de déficit, rationaliste |
Le public a des savoirs locaux et une compréhension personnelle
La connaissance des non-spécialistes est valorisée
|
|
“notre” connaissance
|
La connaissance combine de tous les acteurs
|
|
|
Un changement de culture s’avère nécessaire pour que les chercheurs s’ouvrent à de plus larges perspectives
Ils doivent se montrer capables de :
- Écouter les gens ordinaires
- Passer du temps à expliquer/expliciter les implications de leurs travaux
|
Ce qu’ils ont dit :
“ Science can no longer be separated from society, culture and economy…” Michael Gibbons, 2001 “Science is involved in a political battle for its future. Science has to engage with how it is governed and for whom it is accountable in a way it has never done before” Charles Leadbeater (2000) “It is the public that now sets the agenda, demanding openness, accountability and access, and the scientists who must respond.” House of Lords (2000) “ Accountability should be sought through participation, openness and a willingness to listen, not the price mechanism or the iron cage of bureaucratic audit.’ David Marquand, 2001
Lire :
- Anderson, L., Towards a democratic science, Talk given at the 28 th Congress of the Science Society of Thailand, 24 October 2002
- D’Andrea, L.,& Declich,A., The sociological nature of science communication, JCOM 4 (2) June 2005
- Dickson, D., The case for a “deficit model” of science communication, editorial at SciDev http://www.scidev.net/content/editorials/eng/the-case-for-a-deficit-model-of-science-communication..cfm
- Gregory, J. & Miller, S., A protocol for science communication, Sept. 2004
- Lévy-Leblond, J.M., Cultiver la science, Journal of Science Communication , JCOM 4 (2) June 2005
- Lewenstein, B.V., Models of public communication of science and technology, June 2003
- Parliamentary Office of Science and Technology (POST) , Open Channels, Public dialogue in science and technology, Report N°153, March 2001 http://www.parliament.uk/post/pr153.pdf
- European Federation of Biotechnology, Who should communicate with the public and how?, Report of a Task Group on Public Perceptions of Biotechnology, funded by the Research Directorate of the European Commission, 2004 http://www.efbpublic.org
- Sanit, N., Why we need more thought, JCOM 4 (2) June 2995
- Sturgis, P., & Allum, N., Science in society: re-evaluating the deficit model of public attitudes, Sage Publications (www.sagepublications.com), Public Undersstand.Sci.13 (2004)55-74
|
Rechercher:
Les séminaires 2010 sont annoncés - 13/11/2009
Lire la suite
Les séminaires Réflexives® : former à l'encadrement des thèses - 06/11/2009
Lire la suite
Analyse des représentations sociales de l’écriture chez les enseignants-chercheurs scientifiques - 05/11/2009
Lire la suite
Analyse des Pratiques Scripturales des Chercheurs Scientifiques - Comparaison entre le français et l'anglais - 24/10/2009
Lire la suite
>> + d'actualités
Analyse des représentations sociales de l’écriture chez les enseignants-chercheurs scientifiques - 05/11/2009
Voir la discussion
Analyse des Pratiques Scripturales des Chercheurs Scientifiques - Comparaison entre le français et l'anglais - 24/10/2009
Voir la discussion
Conduite responsable de la recherche et intégrité: entre normes et pratiques. Les bailleurs de fonds interviennent - 24/10/2009
Voir la discussion
Qualité et Intégrité dans l'écrit scientifique - 03/07/2009
Voir la discussion
>> + de débats
English version
|